Vietnam : "Child friendly school" ou "l'Ecole amie des enfants"
Bulletin n°80 - Juin 2005

Des locaux rénovés, des méthodes d'enseignement qui encouragent la participation des enfants, des communautés impliquées dans la vie de l'école, des activités parascolaires adaptés. Voilà à quoi ressemble le principe « child-friendly school », une école où l'enfant peut trouver les éléments nécessaires à son épanouissement personnel. En partenariat avec la Direction de l'Education de Bac Ha, E&D a voulu mettre en place ces conditions pour rendre quelques écoles/internats du district, plus « child-friendly » pour les enfants des minorités ethniques. Nous vous livrons ici quelques clés de ce succès.

Impliquer la communauté dans l'éducation des enfants. La participation de la communauté est un principe clé de l'approche « child-friendly ». La dynamique communautaire doit permettre de sensibiliser les parents à l'importance de l'école afin de scolariser le plus grand nombre d'entre eux. Dans les zones peuplées de minorités ethniques, cet aspect est d'autant plus crucial que ces populations voient l'école comme quelque chose d'étranger et de lointain. Parce qu'elles n'ont quasiment pas fréquenté l'école et ne parlent pas le vietnamien, elles ont souvent un complexe d'infériorité vis-à-vis des enseignants et ne se sentent pas en mesure de prendre part à la vie de l'école. Faire participer les communautés aux initiatives qui concernent l'éducation est donc un vrai défi pour les équipes locales. A Bac Ha, les minorités ethniques ont pourtant répondu avec enthousiasme à l'appel et une véritable relation de confiance s'est maintenant instaurée. Dès le début du projet, elles ont participé aux séances de sensibilisation aux Droits de l'enfant et aux festivals organisés par certaines écoles. Ils ont aussi donné leur avis sur ce que devrait être l'école de leurs enfants, et ceux-ci ont pu dessiner « l'école de leur rêve ».

Prendre en compte la spécificité des minorités ethniques. Dans les zones montagneuses peuplées de minorités ethniques, l'habitat dispersé est un frein à la scolarisation des enfants, surtout des plus jeunes. Il ne sera en effet jamais possible que tous les enfants sans exception puissent un jour se rendre à l'école en moins de 2 heures de marche.

Cette réalité a été prise en compte par le Ministère de l'Education qui a créé entre la commune et les hameaux de nombreuses écoles satellites qui permettent aux enfants d'accéder à l'école primaire à 6 ans et a la population de participer elle-même à la construction de maternelles communautaires dans leur enceinte.

Les internats dans les écoles de communes accueillent plutôt les enfants à partir de 9 ans compte tenu des distances à parcourir. En leur sein a été favorisée la mise en place de potagers, de cuisines qui permettent la préparation des repas, de dortoirs séparés pour filles et garçons, de douches et sanitaires, qui favorisent la fréquentation des filles, l'aménagement de bibliothèques et l'introduction d'activités culturelles et sportives.

Pour les enfants des minorités ethniques, l'une des priorités est l'apprentissage de la langue vietnamienne, qui n'est pas leur langue maternelle et pourtant la seule langue d'enseignement dans les écoles d'Etat. Ce sont les maîtresses maternelles de minorités ethniques qui apprennent le vietnamien pour l'enseigner aux enfants dès le plus jeune âge.

Faire participer les enfants . Au Vietnam, les enfants n'osent pas forcément lever la main pour prendre la parole en classe. L'approche « child-friendly » promeut cette initiative et la participation active des enfants qui favorise son épanouissement. Elle stimule l'enfant et le rend plus actif et plus autonome dans son apprentissage. L'école invite également les communautés ethniques à utiliser les personnes ressources pour transmettre des savoirs ou des savoir-faire locaux tels que la broderie mais aussi les croyances, l'histoire de leurs ancêtres ou les chants traditionnels. Ces personnes interviennent alors dans les classes avec l'aide des instituteurs. Non seulement ces interventions permettent d'adapter l'éducation au contexte local, mais elles aident aussi à ce que l'école deviennent partie intégrante de la communauté. Cette démarche montre aux minorités ethniques que leur propre culture peut être enseignée dans les écoles, tout aussi pertinemment que le cursus national. Réduire le fossé qui sépare l'école de la communauté constitue également une excellente base pour l'alphabétisation des adultes. L'école devient aussi un lieu d'épanouissement pour l'ensemble de la communauté.

Agir sur les politiques gouvernementales.

Le Ministère de l'Education est intéressé par l'approche "child-friendly ethnic communities" de Bac Ha. Des améliorations pourraient être suggérées comme l'aménagement des périodes scolaires en fonction des saisons, pour pallier l'absentéisme scolaire pendant la période des récoltes ou quand l'hiver est plus vigoureux. Les politiques nationales pourraient progressivement évoluer et prendre en compte les besoins spécifiques des minorités ethniques.

 

 

 

 

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Sommaire du n°80

>Editorial
>Cambodge : Les maternelles communautaires
>Cambodge : Filtres à eau
>Burkina Faso : Situation économique inquiétante


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