Dans les contrées montagneuses et isolées
du Nord Vietnam, les enfants des minorités ethniques, essentiellement
Hmongs, sont très peu à aller à l'école.
Celle-ci est située à la commune, bien loin des hameaux,
l'enseignement s'y déroule en vietnamien, langue officielle mais
peu pratiquée au sein de ces familles et les conditions d'hébergement
y sont très dures.
Au début du projet, les parents avaient peu conscience de l'importance
de l'éducation pour leurs enfants : " nos enfants ne mangeront
pas des lettres plus tard " avaient-ils coutume de dire avec un
certain réalisme quand on essayait de les convaincre. Mais, il
est vrai que ces paysans ont aussi besoin de l'aide de leurs enfants
pour travailler dans les champs.
Rendre l'école attractive : une première nécessité.
E&D, avec les Services de l'Education, s'est attaché à
rendre l'école plus accueillante, on pourrait même dire
plus viable, en améliorant les conditions d'accueil en internat.
Conformément au concept " Child Friendly School " des
travaux ont été entrepris avec la participation des enfants
pour l'aménagement de cuisines, de réfectoires, de dortoirs,
de bibliothèques, d'infirmeries, etc
Les équipements
ont suivis. Les efforts ont également porté sur l'amélioration
de l'hygiène (accès à l'eau potable) et de la nutrition
des petits pensionnaires (jardins potagers, élevage de volailles
)
Enfin, des activités culturelles et sportives ont permis des
échanges entre les différentes écoles des communes
ciblées par le projet.
Rompre l'isolement géographique. Au fil des années, le
Ministère de l'Education a compris l'importance de rapprocher
l'école primaire des hameaux et a ouvert des écoles "
satellites " situées à mi-chemin entre hameaux et
commune. Désormais, c'est dès l'âge de 7 ans que
les enfants peuvent prendre le chemin de l'école primaire.
L'éducation pré-scolaire pour favoriser l'intégration
au primaire nous a paru une nécessité. Inspirée
de notre expérience réussie au Cambodge, des maternelles
communautaires se sont ouvertes chez l'habitant. Les éducatrices
ont été recrutées et formées parmi les jeunes
femmes du village, ayant des notions de vietnamien.
Une très belle promotion sociale pour ces jeunes femmes, pour
la plupart Hmongs, dont une par classe a, depuis, été
titularisée par l'Education Nationale.
Elles accueillent 15 à 20 enfants par jour et organisent des
activités d'éveil à l'aide d'un matériel
très simple adapté au contexte culturel local. Les séances
se déroulent en Hmong et en vietnamien afin d'apprendre aux enfants
la langue nationale avant leur intégration en primaire.
De nombreuses écoles maternelles communautaires ont ainsi vu
le jour dans les hameaux des districts de Bac Ha (voir encadré).
Le développement communautaire autour des maternelles implique
les parents et plus largement la communauté regroupée
en comité de projet. Récemment, certains comités
ont demandé à construire eux-mêmes leur école
maternelle dans l'enceinte des écoles primaires satellites afin
de lui donner encore plus d'importance. Ils se sont également
penchés sur la conception des aires de jeux.
Les Comités villageois ont aussi pour rôle d'inciter les
parents à envoyer leurs enfants à l'école. Ils
participent aussi à l'amélioration des conditions nutritionnelles
des enfants à l'école et à la maison.
Depuis 2001, une série d'actions ont été progressivement
mises en place dans le cadre du volet de développement communautaire/rural
: des conseils techniques (notamment en agronomie, riziculture) accompagnés
de micro-crédit sont proposés aux paysans. Les premiers
efforts ont porté sur le développement de l'élevage
en coopération avec le service vétérinaire du district
: formation d'agents vétérinaires villageois à
la vaccination des poules, sensibilisation de la population à
la prévention et le traitement des maladies chez les animaux,
lancement d'élevages expérimentaux en poulailler, fabrication
de compost, élevage de vers de terre, etc
Il a été ainsi prouvé que la réussite de
l'implantation d'une maternelle communautaire dans un village isolé
dépend de la façon dont les bénéficiaires
et les partenaires locaux se sont impliqués. A Bac Ha la démonstration
est faite que la participation locale est un gage de la pérennité
du projet.
Réalisations du projet au 31 mars 2003 :