CAMBODGE
Succès et limites du micro-crédit
Bulletin n°70 - Juin 2002

Des activités de crédit prennent leur place dans les 48 villages du projet de développement intégré " Perspectives d'avenir " dans les provinces de Takéo et Kompong Speu. Ces crédits sont destinés en priorité aux villageois les plus pauvres. Toute la difficulté réside dans la sélection des bénéficiaires. Pour cela des critères ont été définis comme : famille mono parentale, ou bien très nombreuses, maladies, ayant souffert des inondations, absence de terre cultivable, habitat, différents revenus, etc.

Pour obtenir un prêt, il s'agit également de regrouper 5 personnes de différentes familles qui s'engageront à rembourser à votre place, si vous ne pouvez pas. Le prêt est normalement de 6 mois mais cela peut dépendre du type d'activité pour lequel il est obtenu. Il peut varier pour un premier prêt entre 8 € et 25 € en fonction de la taille de l'activité et de la capacité de l'emprunteur à la mener à bien.

L'intérêt sera de 2%, ce qui est très bas en comparaison des pratiques usuelles et tient compte du niveau des familles bénéficiaires. Sur ces 2%, 1% ira aux Comités de Développement Villageois qui gèrent cette activité ce qui correspond à un travail de fourmis, surtout au niveau de la collecte des remboursements. 1% ira à un fond social destiné à aider les familles qui connaissent de grandes difficultés.

Les prêts sont demandés pour de l'élevage ( porcs, poulets, canards) pour acheter des matières premières destinées à la confection d'artisanat ( tissage, poterie, vannerie) pour l'achat de semences, la création de petits commerces tels que : vente de nouilles khmères , de desserts , de soupes, de légumes, de sucre de palme, ou encore la réparation de bicyclettes et la recharge de batteries, très utile dans ces villages sans électricité. Les bonnes idées malheureusement plafonnent vite en milieu rural et il est sage de ne pas octroyer des prêts pour trop d'activités semblables dans un même village si l'on veut assurer la survie des premiers petits commerces.

Environ 1000 crédits par an sont attribués et cette activité connaît un taux de remboursements de 99% en raison de l'excellent suivi des bénéficiaires.

Cependant, avec le recul dont nous disposons aujourd'hui, il convient de regarder avec nuance ces résultats, car ces mini prêts permettent rarement une accumulation de capital chez les plus pauvres. Ils servent avant tout à préserver leur autonomie ce qui les empêchera d'avoir recours à l'usurier ou d'être obligés de vendre leur récolte de riz au moment où le prix est le plus bas.

L'accent devra être mis à l'avenir sur le renforcement de la capacité des emprunteurs à mener leur activité de manière plus professionnelle, donc plus performante.



 

 

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Sommaire du n°70

>Editorial : Les droits de l'enfant
>Laos: Retour de mission
>Laos: Deux chirurgiens toulonnais à l'hôpital Mahosot à Vientiane
>Cambodge: Succès et limites du micro-crédit

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